C'est arrivé près de chez nous

Découverte de notre quartier ... et des alentours plus ou moins proches

08 mars, 2007

Les dents du dragon

En prenant la direction plein Est, et en longeant la côte, nous tombons sut Ystad, une petite ville sympathique, tout à fait dans le ton de ce qu'on a pu voir jusqu'à maintenant.

Mais ce n'est pas notre destination principale, car quelques tours de roues plus loin, nous arrivons devant la mer (baltique).

Les embruns sont là, et le vent n'est pas du genre "douce brise réconfortante" ...
Mais cela ne nous empêche pas de gravir la petite côte qui remet tout en perspective, une fois qu'on voit les choses de haut.
Au loin se profile déjà notre objectif: espacées avec une régularité hésitante, telles les dents de quelque animal mythique, les pierres se dressent littéralement, nous sommes à "Ales Stenar".
L'explication précise de ce lieu se perd dans le torrent des siècles, et entre mythologie et cosmologie, on ne sait plus trop si ce temple fut érigé en l'honneur de Baldur (dieu de la lumière) ou servit de calendrier ancestral ...
Le paysage fait également de son mieux pour être le plus photogénique possible ...
Entre les sautes de vent et le soleil déjà déclinant, il y a de quoi rester plus longtemps, et goûter à cette immensité.

Et je vous fais une séquence "spécial contre-jour", du plus bel effet n'est-ce pas ?
Les chaussures à crampons et cordes de rappel sont conseillées.



Et je dois terminer ce billet en félicitant la brave machine qui a guidé nos pas depuis notre arrivée en Suède.
En effet, après ces péripéties mégalithiques, le retour à la maison a commencé comme d'habitude, en demandant au GPS de nous "GUIDER VERS" ... "APPARTEMENT" avec une voix monocorde.
Après les quelques instants de réflexion de rigueur, la "gentille dame du GPS" se met à nous indiquer le chemin, que nous suivons docilement.

Arrive un moment où la prochaine indication pointe vers un chemin de terre qui semble aller tout droit dans une cour de ferme.
C'est à ce moment que nous avons commencé à douter.
Mais après tout nous sommes en pleine aventure, le jour décline, nous ne parlons pas bien la langue et il n'y a sûrement pas de trolls sauvages dans la région ... donc nous nous engageons sur le chemin, un peu secoués par les cahots de la voiture.

Après quelques minutes de légère angoisse, nous arrivons ici: un lampadaire, une piste au sol.

Cette voie est répertoriée dans la carte de notre système GPS, qui continue malgré nos hésitations à nous montrer une direction improbable !
Pas démontés, nous continuons, prêts à tomber sur un troupeau de vaches, moutons, licornes ...

Mais ou bout d'un moment, une route (juste une bande asphaltée, mais après notre chemin de terre on dirait une autoroute) fait son apparition: nous sommes sauvés !


Un dernier coup d'oeil en arrière, sur ce chemin que nous n'aurions jamais pris par nous-mêmes, et nous voilà sur le chemin de la maison.

Glimmingehus la terrible

Cette fois c'est décidé, nous allons voir un château !
Munis de notre fidèle carte, nous repérons un endroit idéal ... au nom prometteur ... Glimmingehus !

Sans peur, nous fourbissons notre attirail et nous élançons en cette grise journée à l'assaut des chemins médiévaux.
L'autre plat pays nous accompagne tout le long, et se garde bien de nous distraire par quelque montagne ou colline ... comme s'il savait quelles merveilles nous attendent !

Arrivés à bon port, l'aire de repos pour destriers est vide de toute personne, animal, ou carosse.
Qu'importe, nous sommes ici pour voir le château !
Nous ne prenons même pas le temps de lire les avis placardés sur la guérite du gardien, et nous nous dirigeons fièrement vers notre récompense ...
Glimmingehus la hautaine, Glimmingehus l'inaccessible, Glimmingehus la terrible !
(mais si, juste derrière la boîte aux lettres jaune !)
Une autre photo sans boîte aux lettres, qui cette fois met en valeur la majesté de l'édifice ... que dis-je du monument !
Nous nous rapprochons respectueusement ... encore un peu et ça ne renterra plus dans la photo !

Pris d'angoisse, nous faisons une halte auprès des édifices annexes, vestiges d'une gloire passée que les années n'ont en rien émaillée.
Un dernier regard en arrière, et nous traversons le pont surplombant les douves infestées de krakens millénaires affamés ...

Et le souffle coupé, nous entrons dans la cour intérieure, pour nous sentir écrasés par cette facade qui a dû vivre les fastes, les tournois, les couronnements peut-être ?



Dans notre dos, l'accessoire indispensable d'une période plus simple semble en parfait état de marche ...
Et nous pouvons même avoir un aperçu du sort des mécréants ayant osé vilipender le haut lieu qu'est Glimmingehus la grise !

L'oeil humide, nous quittons cet endroit chargé d'histoire, que nous avons eu la chance de pouvoir visiter en toute quiétude.



Et pour terminer, une petite vidéo pour vous donner une idée de l'ambiance ... royale



Lund, à un jet de moellon de Malmö

En dehors des périodes d'enneigement (qui ne sont pas si fréquentes que ça), nous continuons notre exploration de la région, en dirigeant nos pneus vers Lund, une ville à la vieille université et à la jeune population.

Ce n'est pas très loin de Malmö, et l'architecture y est semblable, mais il se dégage de la ville un air d'ancienneté.
Et le fait que Lund soit la deuxième plus vieille ville de Suède (fondée en 990) doit y être pour quelque chose.

Plus petite que Malmö (75 000 hab.), le regard est rarement obstrué par des passants ou des véhicules.
On peut goûter ici un calme serein.

Les toits immenses sont bien proprets, et absorbent les rayons chaleureux.
Cela n'apparaît pas sur la photo, mais ... il fait froid !

Un clocher, croisement d'architecture traditionnelle et de tripode venus d'outre-espace ...

Les vieilles bâtisses rivalisent d'histoire, et sont d'une propreté impeccable ... mais avec quoi nettoient-ils leurs monuments ?

Dans un musée local, je tombe sur cette machine à écrire digne d'intérêt: apparemment, l'opérateur déplace la poignée gauche pour pointer la lettre de son choix, puis actionne le levier droit, pour imprimer la lettre.
Très mignon !


Impossible de rater les bâtiments de l'université (mais tout le centre ville est un campus énorme).
On est bien loin de l'université Paul Sabatier de Toulouse !

Z'avez vu ces colonnades ?

En repartant, les vitres bombées caractéristiques nous font de l'oeil.