C'est arrivé près de chez nous

Découverte de notre quartier ... et des alentours plus ou moins proches

23 juin, 2007

La fête du BAC Suédois

Ah, quel plaisir de travailler depuis la maison: on peut aménager ses horaires, travailler plus quand il le faut, descendre au salon de thé en bas pour un espresso bien tassé ...

Habitant en ville, le bruit de la circulation est comme un ronron qui se fait oublier au bout d'un moment.
Jusqu'à il y a quelques semaines, où quelques coups de klaxons insistants (chose assez rare ici) nous ont tiré de notre concentration.

En regardant par la fenêtre, voici ce qu'on pouvait alors voir ...



Et ça ne se limitait pas au klaxons, car des coups de sifflet cadençaient le passage des voitures décapotables ...


Bref... il se passait quelque chose !
On aurait aussi pu croire à la victoire d'un club de foot local ...


Mais en voyant ces "supportrices", la théorie s'effondre.

L'explication est finalement assez simple: plur l'équivalent du BAC, les étudiants suédois célèbrent l'événement avec toute l'énergie possible, en faisant le plus de bruit et de fêtes possibles.
Au programme: petits déjeuners au champagne, casquette et habits traditionnelle, musique et fêtes à gogo ...

... et quand une voiture ne suffit plus ... prendre une remorque !

... et quand la remorque ne suffit plus ... prendre un camion !


... et au diable la réserve, sortez les camions !!!

Midsommar, varsågod !

Midsommar, le solstice de printemps, est une fête très importante en Suède, juste derrière Noël en ordre d'importance.
Et c'est que dans un pays où la luminosité varie tellement, le jour le plus long est symbolique.
Voyons ce que notre premier midsommar nous a réservé.


Petit jour, petite nuit

Tout d'abord, le jour se lève vraiment tôt en ce moment. Sur ces photos prises le 14 juin, soit une semaine avant Midsommar, il est 3h53 du matin, et le ciel est vraiment clair.
Je n'ai pas eu le courage de me lever à 3h30, mais c'est censé être l'heure de début de la journée en ce moment !

Mai si, il est à peine 4h du matin sur cette photo !
Je n'en rajoute pas mais ... vous avez vu cette lumière ?!?

Enfin bref, nous attendions notre midsommar avec grande impatience, j'avais même posé un jour de congés exprès !
La veille du jour J, une petit pluie commença à tomber. Bon , après tout, c'est le 21 Juin, le jour de la fête de la musique en France, donc c'est plutôt normal, cette pluie.
Mais quand la pluie se transforme en déluge qui dure toute la nuit, au point de nous réveiller vers 5h en ... plein jour, là ça commence à se gâter.

Incapables de sortir sous une pluie torrentielle, nous attendons patiemment une accalmie, qui survient d'un coup, au point que les rues sèchent en quelques clins d'oeil !

Nous voilà parés, et dirigeons nos pas vers Folketspark (le parc avec la fête foraine permanente).
Sur place, on trouve vite le "Midsommarstång", c'est à dire le poteau traditionnel autour duquel les gens dansent pour célébrer ... heu ... parce qu'ils sont contents (ma culture Suédoise est perfectible)

Orné de feuilles et de fleurs, le poteau n'attend plus que ses danseurs !
Non, je ne vous dirai pas le nom de ces fleurs non plus !
Autour du poteau, des jeux sont organisés pour les plus petits (course en sac par exemple)
Parmi les traditions de midsommar, les filles sont censées cueillir neuf fleurs différentes, pour les cacher sous leur oreiller avant de rêver à leur prince charmant.
C'est-y pas mignon ?
Ah ... le maître de cérémonies prend la parole ... on n'y comprend rien.




La musique commence alors, et elle n'a rien à voir avec celle de la nuit du premier mai !
C'est plutôt du genre folklorique, jugez par vous-mêmes ...


Il s'agit de folklore allemand, les danseurs ont été invités spécialement cette année pour le midsommar à Malmö.Ils gambadent, tapent du pied en cadence pendant que l'accordéon s'emballe ... du folklore quoi
On attend patiemment la suite, et ... le folklore allemand continue.


Encore un peu plus d'accordéon et de dance rythmée ... on voit une série de musiciens portant des percussions se diriger vers les coulisses, c'est le groupe de musique africaine prévu pour la suite ... on commence à se demander si on va avoir notre danse du poteau !
Finalement, nous sommes arrivés un peu trop tard, la danse du poteau a dû avoir lieu entre la fin de la pluie et notre arrivée ...

Qu'à cela ne tienne, il y avait une émission spéciale midsommar à la télé ce soir, dont voici le croustillant extrait !


La nuit de ce jour le plus long se fait tarder, évidemment ... il est minuit dans deux minutes sur cette photo, et le ciel est loin d'être fatigué !

Le repas de midsommar

Tout comme les festivités, le repas de midsommar est quelque chose d'immuable, nous avons fait notre possible pour respecter cette tradition.

Tout d'abord, de petites pommes de terre nouvelles sont bouillies et attendent simplement au chaud. Ensuite, du poisson fumé ou mariné (saumon, hareng)

Brigitte pour sa part a choisi des langoustines.
N'ayant pas de "nubbe" (du schnaps), j'ai fait une petite entorse à la tradition avec un petit whisky.
Et voilà ! Un repas qui n'aura pas pris trop longtemps à préparer !Il n'empèche que c'est bon, les produits étant tous de bonne qualité.

Le dessert est tout aussi simple: des fraises Suédoises !
Je dois dire qu'elles sont délicieuses !
Mais si, regardez-les de plus près ...
Avec une crème fouettée, on atteint des sommets de douceur

Et pour ne pas se laisser abattre, le petit-déjeuner du lendemain matin, tout aussi traditionnel; crèpes

Tour-nicoti ... tour-nicota

Voici (enfin) une petite visite à l'un des plus fameux édifices de Malmö, ou en tout cas à celui qu'on voit le plus souvent sur les cartes postales du coin.
"The Turning Torso", ou le "Torse Tournant" est ce genre d'édifice qu'on n'oublie pas de sitôt.

Déjà, de loin, on se dit vite que quelque chose n'est pas habituel ...
La façon qu'a la lumière de se refléter dessus, l'irrégularité du profil ... quelque chose cloche.
S'approcher ne facilite pas la tâche du photographe, car les lignes sont fuyantes, le cadrage est impossible, la lumière incontrôlable.
Le bâtiment semble posséder des propriétés géométriques étrangères à ce monde, et on ne serait pas surpris de voir des gargouilles ricaner depuis ses angles impossibles, alors que l'instant d'avant il n'y avait rien.

En plan rapproché, ça va un peu mieux, mais juste un peu, car on se rend compte alors de la courbure d'une des "facades", mais pas de l'autre côté.

Retenter un plan en contre-plongée une fois au pied de la tour est un exercice périlleux si on n'a pas pris garde de s'appuyer contre un mur, un banc, quelque chose de fixe dans cet univers tout à coup vacillant.
L'armature blanche qui s'accroche à une de ses facades monte telle une colonne vertébrale géante de laquelle des côtes impossibles partent en biais, mais de façon régulière.
Et sur le "côté" lisse, on ne peut que se demander comment sont disposés les appartements à l'intérieur, si on peut y jouer aux billard, ou tout simplement poser un verre sur une table sans le voir glisser et s'écraser à côté de l'assiette, du bol, des couverts qui ont eux aussi glissé, incapables de comprendre ce qui leur arrive.
En tordant l'axe de la photo peut-être ?
Sans aucun point de repère, on ne sait vraiment pas dans quel sens prendre l'objet, qui finit par vous faire tourner la tête, les épaules, et le torse (d'où son nom), à la recherche d'une logique.

La présence tordue devient intoxiquante à force, et après ces délires géométriques, le regard revient forcément au niveau du sol, pour n'être que légèrement indisposé par ces angles saugrenus, dès le premier étage.
J'ajoute une petite vidéo d'un jour de grand vent, où il était difficile de marcher sans se prendre pour un parachute.
On peut y voir que le bassin au pied de la tour est passablement agité ...


Nous laissons cette hallucination technologique derrière nous, et descendons vers la plage.
Ce quartier de Malmö est tout récent, et plusieurs bâtiments sont encore en cours de construction, ce qui donne à l'ensemble un intéressant air de chantier chic

Et quand on fait l'erreur de se retourner, on retombe sur la tour, qui même tronquée ressemble maintenant à une espèce de vaisseau spatial extra-terrestre en train de se poser.
La mer, ses miroirs ... je ne vais pas refaire la chanson, mais vous connaissez la musique.
La période est estivale, et les promeneurs de tous poils déambulent, bronzent, mangent des glaces ou font des grillades.
Etait-ce l'influence de la tour tordue ? Cette photo ne me paraissait pas si penchée sur le moment ...
En longeant la côte, d'autres bâtiments bordent un bor de mer très propre et net
Dernier pont avant le retour à la nature sauvage.Longeant la plage, le ressac agit comme un baume apaisant après les délires verticaux.
Et de loin, la tour paraît moins étrangère, et bizarrement plus accessible qu'à son pied.

Quelques centaines de mètres plus loin, nous arrivons au "Kallbadhuset", la maison des bains froids.
Cet établissement ouvert toute l'année possède des bains d'eau de mer séparés, où les hommes d'un côté et les femmes de l'autre peuvent nager en tous temps, ou profiter du soleil en été, nus.
On peut également y lézarder à la cafétéria en plongeant son regard dans le soleil couchant. Bois chaud et clapotis de l'eau miroitante ... très reposant !

Et si vous préférez garder votre maillot, rien ne vous empèche de plonger plus loin.
Pour information, cette photo a été prise dans la même zone mais un autre jour, où il ne faisait pas spécialement chaud.

Nos ancêtres les ... vikings

Le titre de ce billet est trompeur, car cette visite ne se limite pas aux vikings, mais remonte jusqu'à lâge de fer, et va jsqu'à des habitations du 19éme siècle, réunit ces époques distantes de 23 siècles en un seul endroit.

Il s'agit d'un site archéologique/éducatif de 20 hectares (plus d'informations sur leur page principale)


Après la traversée de l'Öresundsbron et quelques kilomètres en voiture, nous sommes arrivés le jour de leur première ouverture de l'année, avec quelques problèmes d'informatique (évidemment) à la caisse.
Mais ces désagréments modernes sont restés sur le pas de la porte, car une fois le (petit) magasin de souvenirs laissé derrière nous, c'est la nature et l'histoire ancienne qui sont présents partout.

Le site (car ce n'est pas un "parc", pas de files d'attente, de tourniquets ou de manèges ici) est parsemé de poteaux indicateurs, mais pas partout, et on se retrouve vite en train de se demander si on s'est perdus, jusqu'à ce que le sentiers qu'on suit depuis dix minutes nous amène à une reconstruction ou une activité.

Le ton est vite donné, avec des maisons aux toits de chaume, construits comme à l'époque.
Les barrières, l'agriculture sont également pensés de la même façon, et on se prend à s'imaginer vivre dans cet environnement.


Les premières activités sont très ludiques, et destinées aux enfants et écoles; c'est une destination de choix pour les petits danois.
Dans cette première partie, on rejoint les coutumes d'il y a plusieurs siècles, et l'expérience ne se limite pas à un guide racontant son histoire pour la millième fois ...
Non, ici, il faut mettre la main à la pâte !
Ou plutôt ... pour rester conforme aux croyances et habitudes de l'époque, les garçons sont à la forge, et assistent le ferronier en peau de mouton d'époque qui leur explique les gestes, les enjeux et dangers du métier.
Pendant ce temps là, les filles qui sont interdites de séjour dans la forge (leur langue risquerait de ramollir le métal paraît-il) s'occupent du repas.
Et on peut voir des petites filles de six à onze ans manier des couteaux aussi grands que leur bras sous la supervision d'une matrone bienveillante en habits d'époque.
Fruits, boisson au miel et beurre fraîchement battu sont au menu !

Ces activités passées (nous n'avons pas osé nous mêler aux enfants qui prenaient très à coeur leurs tâches), on approche du lac !
Cette étendue d'eau est le rêve pour les plus jeunes: il est possible (après avoir enfilé un gilet de sauvetage) d'agripper un canot construit à partir des troncs d'arbres voisins, et de pagayer gaiement.
Là on n'a pas pu résister, et j'ai pu tester mes talents de barreur les deux fois où nous sommes allés à Lejre.

Pour ceux qui n'auraient pas le pied marin, il est possible juste à côté du lac de s'essayer au maniement de la hache sur de pauvres bûches, et de moudre sa propre farine.
Un ingrédient aussi banal prend une valeur nouvelle quand on commence avec une pierre et une poignée de grain ...
Tourner, écraser, tourner, écraser ... (on se croirait dans Karate Kid !)
Au bout de plusieurs kilojoules, la précieuse poudre blanche fait son apparition.
Oui, c'est de la farine hyper complète !
Un peu d'eau de pluie, et c'est le pétrissage
Pour obtenir le plus ancien des pains !
Notre feu était entretenu par un genril organisateur, car les sylex n'ont pas donné grand chose (à part des ampoules peut-être).
Et comme le feu était modeste, nous avons cuit de petites galettes plates.
Après les exploits de navigation et de hachage fastidieux, je peux vous dire que ... c'est très bon !
Après ces premières émotions, il faut repartir remonter le temps.
En quittant la zone du lac, un des occupants permanents nous salue ....

Et après un dernier regard en arrière, nous suivons un sentier qui se dirige vers une petite butte.

Nous arrivons alors dans une partie reproduisant les bâtiments et usages d'un village moyennageux.
Un mouton dépecé (avec ses abats au sol) nous accueillent en silence ... glups ...
Heureusement, quelques animaux vivants sont aussi de la partie !
L'architecture est rustique, mais toujours pratique, et on peut visiter l'atelier de tissage, de teinture de textiles, un maréchal-ferrand (qui était en pause déjeuner à chacune de nos visites !), et des habitations.

Un grand enclos abrite des sangliers, grosses masses noires vautrées dans une boue épaisse.
Les marcassins sont beaucoup plus vivaces que leurs aînés, et gambadent d'un bout à l'autre de l'enclos.
Ils nous observent d'un oeil rond de l'autre côté de la grille, en nous évitant soigneusement tout de même

Je ne sais pas comment ils font, mais autant les sangliers sont noirs de boue, autant les marcassins ont un pelage immaculé (enfin, naturellement rayé plutôt)
Nous poursuivons notre petit chemin le long de l'enclos, quand tout à coup, les marcassins prennent de la vitesse, nous dépassent et s'engouffrent tous dans un trou du grillage pour s'égayer dans la nature et trottant de toutes leurs forces.
Renseignement pris auprès d'une occupante des lieux, ils s'enfuient tout le temps, et s'amusent dans les bois avant de revenir dans l'enclos.

Ici un retardataire, à côté d'un authentique tracteur viking :)
On a même eu droit à un petit coup d'oeil de loin, avant qu'il ne détale retrouver les copains
La suite de la visite nous fait rencontrer des aurochs (et le grillage de l'enclos était autrement plus solide que celui des marcassins cette fois)
Puis un bélier allongé au soleil, qui nous adressa à peine un regard endormi
Nous avançons, et le temps recule.
Les tumulus apparaîssent, les sépultures paléolithiques fleurissent, et des panneaux informatifs montrent comment l'Homme a modifié la nature autour de lui.







Nous n'avons pas tout vu, mais notre dernière visite est pour la reconstruction du village viking, où diverses expériences archéologiques ont lieu.
Une maison reconstruite selon les méthodes d'époque (pense-t-on) a été brûlée il y a plusieurs années, et les archéologues attendent de voir comment la décomposition des restes peut renseigner sur les vestiges qu'on trouve dans la zone.
Des personnes vivent également pendant l'été dans le village, en autarcie complète, pour essayer de mieux comprendre les modes de vie.




En conclusion, si Lejre ne paie pas de mine en comparaison avec les parcs d'attraction tout en musiques et en manèges, il les surpasse haut la main par l'expérience qu'on en tire, car on arrive à toucher du doigt (littéralement) ce que la vie a pu être.

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